Je vais ici expliquer un des éléments qui montre que ces parchemins furent crées par un prêtre.
Cela concerne une expression particulière du grand parchemin : « unguenti odore ».
Comme il a été remarqué, l’ordre des mots est inversé . A la manière du « Second-Premier » l’expression initiale retrouvé dans les textes bibliques « odore unguenti » est devenue « unguenti odore ». J’exclue toute erreur involontaire et je ne perdrais pas de temps avec ceux qui diront le contraire…
J’ai donc cherché dans quels documents se trouvait l’expression inversée « unguenti odore ».
j’en ai trouvé trois . L’un est relatif aux parfums ( Histoire naturelle de Pline ), le deuxième de Saint Jean Chrysostome ( S. Ioannis Chrysostomi opera graece et latinae, Volume 12 page 811 ) et le troisième est celui qui a le plus liens avec les parchemins, il s’agit de MONVMENTA ECCLESIAE
LITVRGICA de Cabrol et Leclercq , page 55 ( pdf 82/494) :
https://archive.org/details/MonvmentaEc ... 1/mode/2up
Le texte est relatif à l’ordination d’un prêtre ( notamment en Septimanie...) et l’expression se trouve dans la prière qui conclut son ordination :
... et sacerdotem tuum ornamentis totius clarificationis instructum celestis unguenti odore sanctifica. — Amen.
Le site anglais suivant (
http://www.presbytersproject.ihuw.pl/in ... rceID=1425
) est spécialisé dans ce genre de texte datant d’avant 700, et il propose la traduction suivante : « and sanctify your priest with the fragrant divine aroma of the ornament of enlightment. — Amen. » soit en Français « et sanctifie ton prêtre avec l'arôme divin parfumé de l'ornement de l'illumination. »
Alors quels sont les arguments qui me font penser que ce texte a inspiré l’inversion trouvée dans le grand parchemin ? Des plus futiles aux plus sérieux je citerais :
- Deux particularités que l’on trouve à la fin de la page précédente ( page 54 ) : un mot qui m’a fait penser au mot « Bezae » qui est le mot « Baeza » , une référence au « REQUIE IN PACE » .
- le livre concerne la liturgie wisigothique ( En page 12 de son introduction, Leclercq parle de liturgie mozarabe mais précise« je lui préfère cependant celle de wisigothique. » )
- le mot « illumination » que l’on retrouve sous la forme « profoutismaton » ( voir mes études sur le codex ) dans l’annotation du correcteur J situé à la marge de la page 150 relative à Jean XII .
- Le fait qu’il s'agisse de la prière qui conclut l’ordination d’un prêtre, sachant que le petit parchemin se termine par l’expression « aux seuls prêtres ».
Tout ceci démontre que le créateur des parchemins avait une connaissance approfondie des évangiles et de la liturgie et que tout cela n’a rien à voir avec une blague réalisée par Plantard …
Mais chacun pense ce qu’il veut.
Bonne journée.
à plus
