Les Fulcanelli - pour défendre leur pré-carré - ont relaté quelques controverses de linguistes, où l'on retrouve des noms cités par l'abbé dans Le Livre d'Axat :
L’imposition de mots grecs dissimulés sous des termes français correspondants, de texture semblable, mais de sens plus ou moins corrompu, permet à l’investigateur de pénétrer aisément la pensée intime des maîtres et de lui donner la clef du sanctuaire hermétique. C’est ce moyen que nous avons utilisé, à l’exemple des anciens, et auquel nous aurons fréquemment recours dans l’analyse des œuvres symboliques léguées par nos ancêtres. Bien des philologues, sans doute, ne partageront pas notre opinion et resteront assurés, avec la masse populaire, que notre langue est d’origine latine, uniquement parce qu’ils en ont reçu la notion première sur les bancs du collège. Nous-mêmes avons cru, et longtemps accepté comme l’expression de la vérité, ce qu’enseignaient nos professeurs. Plus tard seulement, en recherchant la preuve de cette filiation toute conventionnelle, il nous a fallu reconnaître la vanité de nos efforts et repousser l’erreur née du préjugé classique. Aujourd’hui, rien ne saurait entamer notre conviction, maintes fois confirmée par le succès obtenu dans l’ordre des phénomènes matériels et des résultats scientifiques. C’est pourquoi nous affirmons hautement, sans nier l’introduction d’éléments latins dans notre idiome depuis la conquête romaine, que notre langue est grecque, que nous sommes des Hellènes ou, plus exactement, des Pélasges. Aux défenseurs du néo-latinisme : Gaston Paris, Littré, Ménage, s’opposent maintenant des maîtres plus clairvoyants, d’esprit large et libre, tels Hins, J. Lefebvre, Louis de Fourcaud, Granier de Cassagnac, l’abbé Espagnolle (J.-L. Dartois), etc. Et nous les accompagnons volontiers, parce que, en dépit des apparences, nous savons qu’il ont vu juste, jugé sainement, qu’ils suivent la voie simple et droite de la vérité, seule capable de conduire aux grandes découvertes. « En 1872, écrit J.-L. Dartois1 , Granier de Cassagnac, dans un ouvrage d’une érudition merveilleuse et d’un style agréable, qui a pour titre : Histoire des origines de la langue française, fit toucher du doigt l’inanité de la thèse du néolatinisme, qui prétend prouver que le français est du latin évolué. Il montra qu’elle n’était pas soutenable, qu’elle choquait l’histoire, la logique, le bon sens et, enfin, que notre idiome la repoussait… Quelques années plus tard, M. Hins prouvait à son tour, dans une étude très documentée parue dans la Revue de Linguistique, que de tous les travaux du néo-latinisme il n’était permis de conclure qu’à la parenté et non pas à la filiation des langues dites néo-latines… Enfin, M. J. Lefebvre, dans deux articles remarquables et très lus, publiés en juin 1892 dans la Nouvelle Revue, démolit de fond en comble la thèse du néolatinisme, en établissant que l’abbé Espagnolle, dans son ouvrage l’Origine du français, était dans la vérité ; que notre langue, comme l’avaient entrevu les plus grands savants du XVI e siècle, était grecque ; que la domination romaine dans la Gaule n’avait fait que la couvrir d’une légère couche de latin sans altérer nullement son génie. » Plus loin, l’auteur ajoute : « Si nous demandons au néolatinisme de vouloir bien nous expliquer comment le peuple gaulois, qui comprenait au moins sept millions de personnes, a pu oublier sa langue nationale et en apprendre une autre, ou plutôt changer la langue latine en langue gauloise, ce qui est plus difficile ;
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