Extrait du texte d'Ovide
Que demandé-je, infortunée ! Déjà peut-être es-tu retenu par une autre épouse, et par l'amour, qui m'a si mal servi. Depuis que ton cœur a répudié mon souvenir, tu ne connais plus
Phyllis, sans doute. Hélas ! tu demandes s'il est une Phyllis et d'où elle est. C'est la même,
Démophoon, qui offrit à tes vaisseaux, depuis longtemps ballottés sur les mers,
les ports de la Thrace et l'hospitalité. C'est celle dont la générosité te secourut, qui, riche lorsque tu étais pauvre, te combla de présents, et voulait t'en combler encore, qui soumit à ton empire
le vaste royaume de Lycurgue, que peut gouverner à peine le sceptre d'une femme, cette région, où
le Rhodope glacial s'étend jusqu'aux forêts de l'Hémus, et où le
fleuve sacré de l'Hèbre verse les eaux qu'il a reçues. C'est celle enfin qui te sacrifia sa virginité sous de sinistres auspices, et dont ta main trompeuse détacha la chaste ceinture.
Tisiphone présida à cet hymen et le consacra par des hurlements. Un oiseau de malheur y fit entendre un chant de tristesse. Alecto y fut présente avec son collier de courtes vipères, et la torche sépulcrale fut le seul flambeau qu'on y vit briller. Cependant triste et désespérée, je foule sous mes pieds les récifs et la grève du rivage, et, jetant les yeux sur la vaste étendue des mers, soit que le soleil ouvre le sein de la terre, soit que les astres brillent dans la fraîcheur de la nuit, je regarde quel vent agite les flots. Quelques voiles que je voie s'avancer dans le lointain, j'augure aussitôt qu'elles apportent mes dieux. (11) Je m'avance au milieu des ondes, à peine retenue par elles, jusqu'à l'endroit où le mobile élément m'oppose ses premières vagues. Plus la voile approche et moins je me possède. Je me sens défaillir, et je tombe dans les bras de mes suivantes.
Il est un golfe dont la courbe insensible décrit un demi-cercle. Un môle domine et hérisse l'extrémité des deux pointes. Il me vint à l'esprit de me précipiter de là dans les ondes qui en baignent la base, et puisque ta trahison m'y pousse, j'exécuterai mon dessein. Que les flots portent ma dépouille vers les rivages que tu habites, et que mon corps sans sépulture aille s'offrir à tes yeux. Fusses-tu plus dur que le fer et que le diamant, plus dur que toi-même. "
Ce n'est pas ainsi, diras-tu, que tu devais me suivre, ô Phyllis." Souvent j'ai soif de poison. Souvent je voudrais périr par une mort cruelle, par le fer d'un glaive. Ce cou que tes bras infidèles ont entouré, je voudrais l'étreindre d'un lacet. Ma résolution est prise. Une mort prématurée vengera ma jeunesse abusée. Le choix du trépas m'arrêtera peu. Tu seras nommé sur mon sépulcre, comme la cause odieuse de ma mort. Par cette inscription ou une autre semblable, ton crime sera connu : "Démophoon, y lira-t-on, donna la mort à Phyllis ; il était son hôte, elle fut son amante. C'est lui qui causa son trépas, elle qui le consomma."
L'Hébre du texte peut être 3 fleuves
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%88bre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maritsa
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibar_(rivi%C3%A8re)
Qui est Alecto ?
c'est une Erinye qui avait un culte en Arcadie
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rinyes
"A l'école ils m'ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand . J'ai répondu heureux . Ils m'ont dit que je n'avais pas compris la question , j'ai répondu qu'ils n'avaient pas compris la vie" ... John Lennon