"Qu'un sang impur abreuve nos sillons"...
Un sillon que tu as parfaitement tracé...
Bos suetus aratro...
Une certaine connaissance de l'hermétisme et des traditions orientales m'oblige à concevoir la "conscience d'objets" (de perception) comme progressive, bien que le bordel ambiant veuille démentir mon propos1- À deux reprises, Pierre Plantard évoque le « signe d’horreur », qui est un marqueur du 3e Degré du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Une première fois dans « Gisors et son secret », en 1961, et une seconde dans « Le Serpent Rouge », en 1967
Hors... ce signe apparait clairement sur un dessin de Giovanni Francesco Barbieri à forte empreinte arcadienne et, surtout, d’émanation Rose+Croix.
Peu de personnes « profanes » connaissaient cette œuvre, puisqu’elle fut détenue, jusqu’à fort récemment, par une obédience maçonnique d’Édimbourg dont l’un des grands maîtres - heureuse coïncidence, n’était autre que Lord William Saint Clair, 21° Baron de Rosslyn (1710-1778).
Mais Pierre Plantard, lui, la connaissait parfaitement.
De fait, la présence de l’esquisse à l’encre brune de Guercino dans une revue de haute teneur philosophique et spirituelle, bien peu suspecte de fantaisie, me laisse penser que « Raising the Master » constitue bien une œuvre empreinte d’un symbolisme maçonnique ancien
Salut Aronnax,De fait, la présence de l’esquisse à l’encre brune de Guercino dans une revue de haute teneur philosophique et spirituelle, bien peu suspecte de fantaisie, me laisse penser que « Raising the Master » constitue bien une œuvre empreinte d’un symbolisme maçonnique ancien
En effet, et je saisis l'Occasion (par les cheveux n'est-ce pas VirgileDe fait, bien avant 1967 et « L’Or de Rennes... » (et même avant les apocryphes de la B.N.F) où les « Bergers d’Arcadie» furent officiellement et opportunément inscrits dans le programme, les thématiques : Poussin, Bergers d’Arcadie et trésor caché en Occitanie furent clairement évoqués par un personnage que Plantard connaissait fort bien... puisque tous deux fréquentaient le même « cercle », dans les fastueuses années 1950.
L'arrière plan hermétique de cette affaire est bien antérieur aux publications apocryphes ou officielles de la fin des années 1960. Je comprends que ce constat puisse s'avérer particulièrement accablant, pour tous ceux qui sont tombés dans la "nasse"... il n'en resta pas moins qu'il est définitif.
Il ne fallait pas prendre "L’Énigme Sacrée" au pied de la lettre.![]()
Second extrait :... Ce sont souvent des récits ou un personnage raconte sa rencontre avec de mystérieux rose-croix qui l’instruisent, lui confient une « mission », le soumettent parfois a des « épreuves ». Les exemples ne manquent pas, et ce schéma se retrouve des le XVIIIe siècle avec Petrus Mormius et la Rose-Croix d’Or, ou encore avec ces mystérieux adeptes que C. E. Waechter aurait rencontres a Florence (cf. Le Forestier).
Beaucoup d’auteurs modernes se bornent a reprendre ces histoires sans les vérifier, renforçant le mythe en ajoutant une strate de sédiment illusoire a une autre jusqu’au moment ou son origine est presque totalement occultée. A ce sujet, la légende d’Ormus est emblématique d’une fiction qui s’est perpétuée à travers les siècles. Créée pour expliquer l’origine de la Rose-Croix d’or d’Ancien Système, elle fut reprise par de Negre, le fondateur du rite de Memphis, puis par Pierre Plantard a propos du Prieure de Sion...
On sait à quel point le Prince est relié au "miracle du sang" de Saint Janvier !ORMUS
D’après Le Forestier (qui rapporte cette légende dans son livre sur la franc-maçonnerie templière et occultiste), Ormus serait un sage égyptien converti au christianisme par Saint-Marc. Il fonda une société secrète, les Frères d’Orient. qui avait pour emblème une « croix d’or émaillée de rouge ». Ce sont eux qui auraient transmis l’initiation maçonnique aux templiers. Cette initiation était une synthèse de l’ancien enseignement égyptien mêlé de christianisme et de sagesse juive.
Trois membres de cette société se retrouvèrent en Ecosse, et ils seraient à l’origine de la Rose-Croix d'or d‘Ancien Système. Jacques Etienne Marconis de Négre, un franc-maçon français du XIX“ siècle, reprit cette légende en modifiant le nom d’Ormus en Ormésius. Elle lui servit de base pour fonder en 1839 le Rite oriental de Memphis, qui comprenait quatre-vingt-quinze degrés.
Le nom d’Ormus figure aussi dans une lettre du prince Raimondo di Sangro di San Sereno au baron Theodore de Tchoudy datée de 1753 (cf Gerard Galtier p. 164, d’après Clara Mininelli, E Dio creo l’uomo et la maçoneria).
A la lecture de ce dernier mot un biais cognitif m’a fait visualiser le journal de SaunièreAronnax a écrit : ↑20 juin 2025, 09:46 Rappelons nous que les deux plus anciens manuscrits « Old Charges » connus, à savoir le Regius et le Cooke , qui remontent au Moyen-Âge (1390 et 1410) , ne mentionnent à aucun moment le grade de Maître ni ne font état du mythe de la mort d’Hiram à travers leurs écrits.
C’est dans le document nommé Manuscrit Graham, datant de 1726, qu’il est fait état, pour la première fois, d’un rite maçonnique structuré en trois degrés distincts et, par la même occasion, c’est aussi dans ce document vénérable qu’apparait, pour la première fois également, le thème du relèvement rituel d’un cadavre.
Dans le Graham, Hiram n’est cité que comme constructeur du Temple de Salomon et le cadavre découvert est celui de Noé, le patriarche de la Bible. Aucun détail n’est donné quant à la mort de Noé et ce sont ses trois fils, Sem, Pham et Japhet, qui s’unissent pour rechercher, trouver puis relever la dépouille mortelle de leur père afin de « découvrir un secret ».
Un secret !!!![]()
- Henry Adamson The Muses Threnodie Edinburgh 1638Tiré de l’excellente loge de recherche William Preston :
« I. Ecosse : 1598/1700. Des Statuts Shaw aux 4 Ms du groupe Haughfoot : le 17e siècle écossais ; maçonnerie opérative en 2 grades + le Maître de la loge, et un secret principal : le Mot du Maçon.
En 1691 Revd. Robert Kirk définit le Mason Word is like a Rabbinical Tradition, in way of comment on Jachin and Boaz, the two Pillars erected in Solomon’s Temple (I Kings, vii, 21) with an addition of some secret Signe delivered from Hand to Hand, by which they know and become familiar one with another.
1696-1720 : 4 Ms écossais (aide-mémoire) du groupe Haughfoot. 2 parties : The forme of giving the Mason Word : Le Ms d’Edimbourg (1696) et le Kevan (1714-1720) nous révèlent que ce Mot est double : Jachin & Boaz Il est donné à l’Apprenti Entré selon certaines formes le « Compagnon ou Maître » reçoit d’autres « secrets » au moyen des Five Points Of Fellowship. »
– Mary’s Chapel Lodge Edinburgh admet Sir Robert Moray en 1641, mais en déplacement en AngleterreHenry Adamson écrit en effet pour sa 3e muse :
« Therefore I courage take, and hope to see
A bridge yet built, although I aged be,
More stately, firme, more sumptuous, and more fair,
Then any former age could yet compare:
Thus Gall assured me it would be so,
And my good Genius truely doth it know:
For what we do presage is not in grosse,
For we be brethren of the Rosie Crosse;
We have the Mason word, and second sight,
Things for to come we can foretell aright;
And shall we show what mysterie we meane,
In fair acrosticks CAROLUS REX, is seene
Describ'd upon that bridge, in perfect gold:
By skilfull art; this cleerelie we behol »
Mais il n’y eut jamais de société initiatique R + C ! Celles qui s’en réclamaient n’eurent jamais que des rapports plus ou moins distants avec un enseignement hors de toute structure que synthétisa (par exemple) en 1618 Daniel Mögling sous le titre (traduit du latin) Le Miroir de la Sagesse des Rose-Croix.Élias Ashmole (1617-1692) fut, sans aucun doute à mon sens, celui qui assura le « passage de témoin spirituel» entre les Frères Invisibles et les membres de la Franc-Maçonnerie spéculative naissante. Pour moi, avec son entourage proche, il fit en sorte que la transmission de l’héritage Rose-Croix se fit harmonieusement et en conformité avec les instructions reçues, car les sociétés initiatiques ne meurent jamais… elles changent simplement de forme au fil des époques et des contingences humaines, que celles-ci soient religieuses ou politiques.
" Ce caractère ou hiéroglyphe que j’appelle une Étoile est célèbre parmi les Égyptiens et les Grecs. Pour la partie égyptienne, je te renvoie aux ouvrages de Kircher cités dans mon dernier courrier. Les Grecs le considéraient comme le symbole de la santé et de la sérénité du corps et de l’esprit, composé des 5 majuscules qui forment le mot HUGEIA, et je lui ai appliqué les initiales de 5 mots qui résument la religion chrétienne, ainsi que la philosophie stoïque, qu’on peut toutes y découvrir sans contrainte, et forment le doux mot AGAPA, qui comme tu le sais, signifie " Aime " ou " Il aime ", c’est à dire l’Amour réciproque de Dieu et de l’Homme et ce même mot est l’un des 5 évoqués par les 5 lettres. Les autres sont GNOTHI,PISTEUEI, ANECHO,APECHO. »
« On ne peut considérer Sir Robert Moray comme un franc-maçon typique du XVlle siècle. Le fait qu’il révèle tant de ce que la Franc-Maçonnerie signifiait pour lui le rend unique. Mais il concentre dans sa carrière et ses centres d’intérêts un grand nombre des éléments qui façonnèrent la Franc Maçonnerie. Il illustre également un autre changement en cours dans l’Ordre. Par son intérêt pour l’Hermétisme, la Rose-Croix, l’Alchimie et les symboles, il incarne les influences Renaissance qui avaient donné naissance à la Franc-Maçonnerie écossaise à l’époque de William Schaw. Par son intérêt pour la Science, ses tendances déistes, son culte de l’amitié et de la sociabilité, il reflète des influences qui annoncent les lumières plutôt qu’un retour à la Renaissance. Dans l’état de nos connaissances, il fut le seul au cours de sa vie ( à l’exception partielle d’Elias Ashmole ) à combiner ces éléments à l'héritage plus ancien de la Franc-Maçonnerie. Mais il montre le chemin vers l’avenir, car, à terme, ces influences allaient adapter l’Ordre, lui donner un sens nouveau dans une société en pleine évolution, et lui permettre de se répandre à travers l’Europe au milieu du XVllle siècle. »
Rudyard Kipling - Robert Moray, Stratège militaire, Diplomate, Espion, Juge, Philosophe, Naturaliste, Fondateur de la Royal Society et maçon non-opératif, initié en 1641
La F. M. n’est pas passée de l’état opératif à l’état spéculatif, c’est un point de vue « anglé » ou français.Aronnax :
Donc, c’est bien au cours de l’année 1726, dans le Graham, qu’est présenté pour la première fois un état primitif du grade de maître [...] en 1730, dans la Masonry, que l’on peut trouver une forme assez structurée du rite dans l’évolution de ce nouveau grade.
Tout cela est donc contemporain et ce changement symbolique procède d’une véritable « révolution culturelle » que l’écrivain et historien Gilles Pasquier résume fort bien en ces termes : « Les maçons spéculatifs ont intérêt à savoir ce qu’est la Maçonnerie opérative, la Franc-Maçonnerie ayant connu une mutation en passant de l’état opératif à l’état spéculatif. Ce changement de nature, qui a pris en tout et pour tout une vingtaine d’années, semble s’être accompagné de l’avènement du mythe d’Hiram dans le rituel du troisième grade »
David Stevenson (non maçon) en présentant ses recherches fut reçu par les Frères comme un chien dans un jeu de quilles ! Et pourtant ! :A propos du terme Freemason rappelons ce qu'Eric Ward a montré. Dans ce problème complexe il faut distinguer philologiquement le terme de Freemason (en un mot) et celui de Free-Mason (en deux mots). Ward démontre définitivement que Freemason (en un mot) est un terme attesté au Moyen âge et désignant le Freestone Mason , tandis que le terme Free-Mason (en deux mots) apparaît au XVIIè siècle. Sa signification qui n'a rien à voir avec la légende de l'affranchissement de privilèges) est celle du maçon qui est libre. Mais libre de quoi ? De l'appartenance au métier ! Il est Free-Mason .
Salut C1crétin premier a écrit : ↑21 juin 2025, 08:45 Salut Charly, François et tous les z'ots...
La différenciation entre "Free Mason" et "Freemason" est intéressante mais je ne vois pas trop pourquoi le fait que Londres soit construite sur un terrain argileux aurait empêché les "Freestone Mason" de s'y implanter...
En effet, le terme "Freestone" peut induire deux significations, soit "pierre gratuite" soit "affranchis de la pierre"...
À l'époque les pierres de taille étaient extraites de carrières appartenant aux seigneurs qui les vendaient fort cher... Les "pierres gratuites" n'étaient donc pas des pierres de taille mais des cailloux que tout un chacun pouvait ramasser et utiliser à son gré...
La seconde signification pourrait signifier que ces maçons pouvaient construire un édifice sans avoir recours aux pierres taillées, ce qui rejoint la première signification ainsi que celle de "Freemason" qui évoque la liberté d'ouvrage, indépendante du seigneur local...
La coutume veut que la Maçonnerie opérative prenne racine chez les constructeurs de cathédrales mais on oublie peut-être un peu vite les maçons du pauvre qui, sans construire d'édifices prestigieux, n'en possédaient pas moins un savoir-faire difficile et vraisemblablement une conscience de classe les amenant à spéculer sur l'avenir...
Salut Aronnax, d'accord, mais est-ce que ce "rituel" existait à l'époque du Guerchin ? Tu nous dis qu'il sera créé un siècle plus tard, ça ne peut donc pas avoir de rapport, et cela relève au mieux de la source d'inspiration au dit rituel (hyper-sexy).Aronnax a écrit : ↑20 juin 2025, 10:06Ce que je remarque, ainsi que je l'ai développé précédemment, c'est que, pour extraordinaire qu'il soit, l'agrégat des symboles relevant d'un rituel spécifique mis en œuvre au 3e Degré du R.E.A.A dans le dessin de Guercino est patent, flagrant et indiscutable.
Geste de déploration / horreur, outils du trait, tombeau(x), cadavre en putréfaction.