Puisque qu'on est au "Café" et qu'on papotait sur Edimbourg, P. P. et les Synclair, je saisis le kairos par les cheveux !
P.P n'ignorait évidemment rien de la famille Synclair et leur Rosslyn chapel, il mentionne même une anagramme avec Sancto Claro ! Il n'ignorait rien non plus de Fulcanelli qu'il cite à plusieurs reprises , ni son étude du cadran solaire (le Sundial) du Palais Holyrood d'Edimbourg dont voici quelques extraits à destination des amateurs du Serpent Rouge et de Gisors :
" C’est à la fois un cadran solaire multiple et une véritable horloge hermétique. Ainsi cet
icosaèdre étrange représente pour nous une œuvre de double gnomonique. Le mot grec γνώμων, qui s’est intégralement transmis aux langues latine et française
(gnomon), possède un autre sens que celui de l’aiguille chargée d’indiquer, par l’ombre projetée sur un plan, la marche du soleil. Γνώµων désigne aussi celui qui prend connaissance, qui s’instruit ; il définit le prudent, le sensé, l’éclairé. Ce mot a pour racine γιγνώσκω, que l’on écrit encore γινώσκω, double forme orthographique dont le sens est connaître, savoir, comprendre, penser, résoudre. De là provient Γνῶσις, connaissance, érudition, doctrine, d’où notre mot français Gnose, doctrine des Gnostiques et philosophie des Mages.
L’icosaèdre gnomonique d’Édimbourg est donc bien, en dehors de sa destination effective, une traduction cachée de l’Œuvre gnostique, ou Grand-Œuvre des philosophes. Pour nous, ce petit monument n’a pas simplement et uniquement pour objet d’indiquer l’heure diurne, mais encore la marche du soleil des sages dans l’ouvrage philosophal. Et cette marche est réglée par
l’icosaèdre, qui est ce cristal inconnu, le Sel de Sapience, esprit ou feu incarné, le gnome familier et serviable, ami des bons artistes, lequel assure à l’homme l’accession aux suprêmes connaissances de la Gnose antique.
Au demeurant, la Chevalerie fut-elle complètement étrangère à l’édification de ce curieux Sundial, ou, tout au moins, à sa décoration spéciale ? Nous ne le pensons pas et croyons en trouver la preuve dans ce fait que, sur plusieurs faces du solide, l’emblème du chardon s’y répète avec une insistance significative. On compte, en effet, six capitules floraux et deux tiges fleuries de l’espèce dite serratula arvensis. Ne peut-on reconnaître, dans la prépondérance évidente du symbole, avec l’insigne particulier aux Chevaliers de l’Ordre du Chardon, l’affirmation d’un sens secret imposé à l’ouvrage et contresigné par eux ?
L’Ordre du Chardon, créé par Jacques V, roi d’Écosse, en 1540, se composait originairement de douze chevaliers, comme toutes les fraternités dérivées de la Table ronde. On le nomma aussi Ordre de Saint-André, parce qu’une chapelle de la cathédrale, dédiée à l’apôtre, leur était spécialement affectée ; que la décoration en portait l’effigie, et qu’enfin la fête de l’Ordre se célébrait le 30 novembre, jour de la fête de Saint André. Supprimé en 1587, il continua d’exister secrètement et fut rétabli en 1687.]
Édimbourg, au surplus, possédait-il, à côté de cet Ordre royal dont l’ésotérisme hiéroglyphique ne laisse aucun doute, un centre d’initiation hermétique placé sous sa dépendance ? Nous ne saurions l’affirmer. Toutefois, trente ans environ avant la construction du cadran solaire, quatorze après la suppression « officielle » de l’Ordre, devenu Fraternité secrète, nous voyons apparaître, aux environs immédiats d’Édimbourg, l’un des plus savants Adeptes et des plus fervents propagateurs de la vérité alchimique, Seton, célèbre sous le pseudonyme du Cosmopolite.
[...]
... outre qu’il (le cadran d'Edimbourg) borne son enseignement à la seule pratique alchimique, ce n’est plus la matière, dans ses qualités et dans sa nature, qu’il exprime, mais seulement sa forme ou structure physique.
C’est un édifice cristallin dont la composition chimique demeure inconnue. Sa configuration géométrique permet seulement d’y reconnaître les caractéristiques minéralogiques des corps salins en général.
[...]
Les alchimistes grecs avaient coutume, dans leurs formules, de traduire le dissolvant hermétique par l’indication de sa couleur. Ils assemblaient, pour réaliser leur symbole, deux consonnes du mot ΧΛΩΡΟΣ, vert, le Χ et le Ρ juxtaposés. Or, ce chiffre typique reproduit exactement le monogramme grec du Christ, extrait de son nom ΧΡΙΣΤΟΣ."
Il semble que le mont Cardou tire son nom du chardon, et la Sals ?
