Bonjour à tous,
L’abbé souffrait visiblement d’un manque de reconnaissance, j’exhume de vieux fichiers :
Dans le Livre d'Axat, écrit dix ans après La Vraie Langue Celtique, mais jamais publié avant d’être inséré dans
L'Alphabet Solaire de MM. Chaumeil et Rivière (un must

) on se rend compte dès les premières pages, dès les premiers mots, de l’état d’esprit de l’abbé. D’abord la tristesse (deux occurrences), puis la consternation devant l’état de la linguistique, enfin la mise en valeur de ses recherches passées qu’il se décide vaillamment à poursuivre, en parlant de lui à la troisième personne... pour permettre plus de recul ?
Hardi, hardi, not’ gars Boudet !
« … Cet asservissement ou cet esclavage injuste de l’étude des langues n’est pas acceptable : il n’y a donc pas lieu d’être découragé par les anathèmes de parti-pris qui n’arrête pas l’autorité apparente accordée légèrement à des principes posés en une matière éminemment conjecturale, formulée en lois qui se contredisent elles-mêmes à chaque instant.
Ainsi M. l’abbé Boudet dégageant résolument sa marche a dirigé ses recherches en dehors des limites abusivement tracées.
Voici le résultat en un rapide résumé...
« … Partant de là M. l’abbé Boudet a scruté les langues méridionales […] Les travaux comparatifs de M. l’abbé Boudet aboutissent uniformément à ce que le dialecte languedocien, certainement issu de la langue des Tectosages, possède malgré sa physionomie néo-latine des traits frappants de ressemblance avec
les racines saxonnes (expression soulignée) de l’anglais (avec l’anglais classé par les Allemands parmi les langues germaniques). Quelques exemples...
Il est évident que lire les écrits de l'abbé dans l'optique du XXIe siècle est un non-sens, j’ai cité le livre de Umberto Eco :
La Recherche de la Langue parfaite qui présente des cas identiques. J'ai retenu la thèse flamande qui selon lui a manifesté beaucoup de résistance pour disparaître.
Le Flamand langue primordiale, mère de toutes les langues du Baron de Ryckholt, publié en 1868 était célèbre !
Pour comprendre la position - intenable, de l'abbé, il faut garder en mémoire que la Société de Linguistique de Paris était née en 1864 d'un cercle de discussion regroupant des américanistes, proches des milieux monarchistes et catholiques, pour contrebalancer l'influence matérialiste de la Société d'Anthropologie de Paris fondée cinq ans plus tôt. Ce qui, dans un premier temps, ne pouvait que séduire notre savant abbé. Hélas, dès 1866, de nouveaux statuts furent adoptés sous la pression des linguistes comparatistes, l'article 2 précisant que la Société n'admet aucune communication concernant, soit l'origine du langage - soit la création d'une langue universelle. C'en était fait d'une possible reconnaissance des travaux de l'abbé.
À cause de son attachement aux mythe babélien dû à sa formation de prêtre il se trouvait brutalement relégué au rang des linguistes du XVIIIe siècle.
Et de fait, le modèle de La Vraie Langue Celtique se trouve certainement dans un livre
The Circles of Gomer de Rowland Jones, un avocat et philologue gallois de la seconde moitié du XVIIIe siècle, où l’on trouve :
La langue anglaise est la mère de tous les dialectes occidentaux et du grec, vieille sœur des langues orientales, et sous sa forme concrète, la langue vivante des habitants des bords de l'Atlantique et des aborigènes de l'Italie, des Gaules et de la Bretagne, qui fournit aux Romains nombre de leurs vocables qui ne sont pas d'origine grecque, ainsi que leurs noms grammaticaux, et aussi beaucoup des noms principaux de plusieurs parties du monde. Les dialectes et la sagesse celtiques dérivent des cercles du Trismégiste, Hermès, Mercure ou Gomer et la langue anglaise a conservé de façon plus particulière ses dérivations de celles-ci qui est la plus pure des sources du langage.
Dans La Vraie Langue Celtique un chapitre entier est consacré à Gomer et à ses fils, et ce Gomer est encore mentionné à de multiples reprises, et l'abbé dénombre quatre cercles :
Dans le quatrième et le plus grand de ces cercles, se trouvent Rennes-les-Bains et le hameau du Cercle, mais le hameau possède cet avantage qu'il est placé vers le centre de la circonférence dont Rennes occupe l'entrée.
" Dans le dictionnaire de 1716, on lit un premier article ces mots : Le seigneur de "Regnes", une maison etc. N'est-ce pas là, la prononciation de "ring" avec le changement de I en E ? L's final de Rennes indique la pluralité des cercles produits par les resserrements progressifs des montagnes."