Bonjour à tous,Virgile a écrit : ↑08 oct. 2023, 15:32
C'est tout l'intérêt pour PP que de proposer des histoires dont l'objet est confus, le trésor de BS, on ne sait pas ce que c'est (donc c'est tout à la fois et peut être même rien du tout), le secret du livre de Boudet, on connaît son objet mais on ne le comprend pas (donc on ne sait pas ce que c'est, mais idéalement ça a un rapport avec le trésor de BS qui est lui-même déjà problématique), et enfin, le propos qui met en scène ces histoires (l'objet réel du livre de PP), qui a nécessairement un rapport avec le trésor BS (incertain) et le secret de la vraie langue celtique (incertain), et que le lecteur doit donc "chercher".
Cette synthèse plutôt marrante de Virgile
La plupart des lecteurs ont connu l'ouvrage signé De Sède sous le titre "Le trésor maudit..." ce qui "oriente" d'emblée une recherche particulière, et quand on a des questions sous forme de marteau, les réponses doivent toutes ressembler à des clous !
Mais le titre original "L'or de Rennes ou la vie insolite de Béranger Saunière curé de Rennes-le-Château" 'induit un type spécifique de lecture, conditionnée d'entrée par un "avertissement".
Et au fil du texte on comprend que le curé de Rennes-les Bains a découvert un secret d'une importance telle qu'il a dû transformer son église et des sites locaux... pour en informer les Nobles Voyageurs de passage ! car il se trouve dans la situation du barbier de Midas (voir la 1ère page du chapitre éponyme). L'abbé va ainsi "initier" à ce secret son jeune confrère de RlC qui devra agir de même.
De quelle nature est donc cette énigme dont Béroalde de Vervile dira avec humour "que peu s'en faut que ce ne soit le secret même pour taire le secret" ? Cette connaissance du "peu s'en faut" est donc partagée dans le Razès arcadien, et depuis longtemps, essentiellement par des prêtres (dont l'abbé Delmas) mais aussi par des nobles, dont le marquis de Fleury, qui lui créera la dalle de Coumesourde, et peut-être bricolera quelques tombes, car j'ajoute perso : Aelia, laelia, Crispis
Le lecteur de l'ouvrage sédien s'aperçoit (s'il prête attention à la forme du langage utilisé) qu'il est pris en charge dès le début, une "grille de lecture" l'obligeant en effet à des questions avec des réponses précises, jusqu'aux finales qui le conduiront... à se conformer à l'antique précepte de révéler cette Connaissance primordiale, par des textes ou des "demeures philosophales", tout en la cachant car n'étant pas à la portée du premier velu.
"Hermès vit l'ensemble des choses, et ayant vu, il comprit, et ayant compris il eut puissance de révéler et de montrer. En effet, les choses qu'il connut, il les grava, et, les ayant gravées, les cacha, ayant mieux aimé, sur la plupart d'entre elles, garder un ferme silence que d'en parler, afin qu'eut à les chercher toute génération née après le monde.(Corpus hermeticum)