crétin premier a écrit : ↑08 juil. 2025, 11:28
"... et ils firent graver des croix
grecques sur tous les points de ce cercle de pierres, à l'entrée du cromleck, aux Crossés, au Roukats, au Serbaïron, sur la crête du Pla de la Coste et de las Brugos et au Cugulhous du couchant."...
Comme je sais que Boudet est un petit farceur je m'empresse de vérifier sur la carte et je ne trouve nulle trace de croix aux Crossés (un comble), ni à l'entrée du cromleck, ni au Roukats, ni au Cugulhous du couchant... Les seules notées se trouvent sur les crêtes des Pla de la Coste et de las Brugos et une seule au Serbaïrou...
Quelles croix sont les plus importantes ??? Celles notées ou celles absentes ???
Très bonne question, Pierre, car en effet, les croix grecques citées par Boudet dans son livre ne sont pas toutes indiquées sur la carte d’Edmond. Cependant, en lisant son texte, on comprend que ces absences sont dues au fait que les croix grecques en question ne soient pas visibles :
• Entrée du cromleck : « cette croix est placée à l'endroit exact de la pierre où l'ON VOYAIT AUTREFOIS gravée une croix grecque… »
• Crossés : « Cette indication nous a amené à rechercher sur quel point de l'arête les croix étaient gravées. Malheureusement, les propriétaires voisins y ont réuni un énorme tas de pierres formant une muraille, et il nous a été IMPOSSIBLE DE LES DECOUVRIR »
• Roucats : « …on remarque sur deux roches, placées à droite et à gauche de la route gauloise, plusieurs petites croix grecques, COUVERTES DE MOUSSE… »
La question qui se pose est alors : si ces croix ne sont pas visibles, comment Boudet pouvait-il avoir connaissance de leur existence ? Pour le lieudit les Crossés, il dit que c’est le nom même qui « amène à rechercher sur quel point de l’arête les croix étaient gravées ». Dans le cas de la croix au Serbaïrou, celle-ci indiquée sur la carte, il dit que « c'est la plus grande de toutes celles qu’il NOUS A ETE DONNE DE RECCONNAITRE ». Donné comment ? Par qui ?
Quoi qu’il en soit, on comprend que les croix grecques peuvent être remplacées ou cachées par d’autres symboles ou objets. C’est le cas à Notre-Dame du Cros :
« Là aussi, au-dessus de la magnifique fontaine qui jaillit au pied de la montagne, on avait marqué une croix – cross, croix –. Une statue de la Sainte Vierge a, plus tard, REMPLACE LA CROIX auprès de la fontaine… »
Peut-être que la croix grecque qui intrigue le plus est celle « de trop » au lieudit Cap dé l’Hommé. Voici comment Boudet introduit la question des croix à cet endroit :
« En face du point où se trouvent la station thermale et l'église paroissiale, la ligne courbe faite par l'assise de rochers porte le nom de Cap dé l'Hommé. Un ménir était conservé à cet endroit, et on y avait, dans le haut, sculpté en relief, une magnifique tête du Seigneur Jésus, le Sauveur de l'humanité. Cette sculpture qui a vu près de dix-huit siècles, a fait donner à cette partie du plateau le nom de Cap dé l'Hommé (la tête de l'Homme)… A gauche de ce ménir regardant la station thermale et son église paroissiale, on découvre sur les roches voisines des croix grecques profondément gravées par le ciseau et mesurant depuis vingt jusqu'à trente et trente-cinq centimètres. Ces croix, à branches égales et AU NOMBRE DE CINQ sur ce seul point… »
En résumé : UNE sculpture, CINQ croix grecques.
Pourtant, en examinant la carte d’Edmond, on constate qu’il y a un souci, car il y a SIX croix grecques à cet endroit :
Que se passe-t-il ?
C’est Boudet lui-même qui nous donne la réponse, permettant en passant d’identifier l’emplacement exact de la tête sculptée, depuis enlevée :
« A GAUCHE de ce ménir (où se trouvait la tête sculptée) regardant la station thermale et son église paroissiale, on découvre sur les roches voisines des croix grecques profondément gravées par le ciseau… Ces croix, à branches égales et au nombre de cinq sur ce seul point… »
Boudet ne pourrait être plus clair : les cinq croix grecques dont il parle sont regroupées, et se trouvent à gauche (au nord, donc) de la tête sculptée. Par conséquent, on peut aisément identifier laquelle des croix grecques correspond à la sculpture dont il est question :
On déduit aussi, dans ce cas, que c’est le fait d’avoir enlevé la tête sculptée qui rend visible la croix grecque à cet endroit.
Quelle est l’utilité de toutes ces déductions ? J’aimerais bien savoir ! Tout comme je voudrais savoir comment Boudet pouvait affirmer que la tête sculptée « a vu près de dix-huit siècles ». Tout est pure invention, mais dans quel but ?