Aronnax a écrit : ↑25 févr. 2024, 17:48
Pour la "réalité historique" qu'il me plait d'imaginer, dans les "romans sédiens", souvenons nous de ce qu'indiquait GDS himself, dans son
"Trésor Cathare" :
"Lorsque l'ethnographie sera parvenue à renouveler ses méthodes, on verra que le vrai problème, le plus important de tous, consiste à se demander comment quelques mythes privilégiés parviennent, dans certaines circonstances, à se réaliser objectivement".
Il ajoute
"qu'il ne veut étudier du Pays d'Oc ni son histoire, ni sa légende, mais le tissu tramé par le temps entre l'un et l'autre".
Ce qu'il nomme :
"les faits mythomorphes", c'est-à-dire
l'unité conceptuelle du mythe et de l'Histoire.
Il annonce la couleur, juste après son
"Templiers..." ... et juste avant
"L'Or de Rennes..."
Je pense que le mariage entre Hugues de Payns et Catherine de Saint-Clair est loin d'être avéré.
Bonjour à tous,
Salut Aronnax
G de Sède - en marge des deux "romans" - ne saurait "annoncer aucune couleur", et vous apportez de l'eau à mon moulin puisque c’est dans un cadre anthropologique que s’inscrivait mon dernier commentaire évoquant les conditions de la dernière émergence d’ouvrages stéganographiques.
Leur but est d’ordre spirituel, Philémon le qualifie de politique, mais en tant qu’hermétiste je ne peux partager ce point de vue que tout serait politique, cette distinction permet justement de cerner les prétentions des auteurs des Manifestes R + C du XVIIe et celles des veilleurs.
Aussi vous ne trouverez aucune « réalité historique » dans ce genre de « romans », j’ai argumenté quelque peu pour le Gisors (j’en ai sous le pied

), et c’est tellement évident pour L’Or de Rennes ! Quels « faits » pourriez-vous y trouver ? L' « avertissement », non sans humour, n'est-il pas assez clairement formulé ?
« AVERTISSEMENT
Il existe une ressemblance entre les faits rapportés dans ce livre et une construction imaginaire, mais elle est le fruit du pur hasard. Ce n’est pas là le moins étrange, car la ressemblance est frappante »
Oui, le
Palais des Mirages, dont il est annoncé sans détour qu'il est difficile d'en sortir indemne, est un
FAIT, et ce fait est source d’« un certain danger ».
Je pense ici au "Théâtre Magique" de Hermann Hesse, car il faut bien considérer qu'après la publication de L'Or de Rennes plus d'un y a laissé sa tête, même un de nos plus cartésiens et éminents auteurs a vacillé !
Comment, à l'insu de son lecteur, fonctionne ce genre de roman ? (je repioche dans mes archives !) :
Sur le mode il était une fois, l'attention du lecteur est captée, sinon captivée, par une histoire de trésor et de phénomènes mystérieux. Puis l'intellect est sollicité pour la compréhension et l'assimilation de diverses doctrines ésotériques : kabbale, alchimie, tarots, astrologie... Parallèlement, l'auteur joue régulièrement dans son récit avec la répétition des termes. Il prend soin de leur ajouter une ou plusieurs facettes complémentaires. Ainsi un même signifiant pourra renvoyer à plusieurs signifiés, créant ainsi une forme d’écriture subliminale. Un certain nombre d’homophonies sont ainsi utilisées, par exemple le mot clair se déclinera en clerc ainsi que Saint Clair et William Sinclair. *
Autre exemple : le Vexin normand est désigné comme le pays des hommes sans têtes, l’image du mythique Blaiseau l’Ardent se superpose alors à celles des saints céphalophores locaux saint Denis et saint Clair, puis au « rebis » alchimique. Et « Le chemin facile qui descend au fil de l’eau de Paris à Rouen. » devient le symbole de la voie humide alchimique.
La mémoire stocke toutes ces informations, alors dans ce contexte chaque répétition d’homophonies et d’analogies sature brièvement le mental et provoque des flashes de conscience, transformant l’expérience de lecture en expérience active.
Dressez le portrait stéganographique de B. S maintenant, il fait peur hein !
