Avant de ranger les gaules sur cette affaire... une pépite !
Gérard de Sède a toujours affirmé, témoignages de tiers à la clé, qu'il avait connu Rennes le Château en 1962, après la publication de son premier opus (de la Grande Fresque) "Les Templiers sont parmi nous". Il a par ailleurs précisé dans son livre "Rennes le Château, le dossier, les phantasmes..." qu'il n'y avait aucun rapport entre les deux ouvrages, Les Templiers et l'Or de Rennes.
Alors que l'on trouve des thèmes du premier livre évoqués par les auteurs dans le deuxième, oui, mais l'inverse n'est pas vrai, on ne trouve aucune annonce "prémonitoire" dans les "Templiers sont parmi nous" relative au scénario du deuxième opus consacré à Rennes le Château !
Les affirmations relatives à la présence de Pierre Plantard à Rennes le Château sont d'une part très tardives, et trop changeantes pour les prendre en compte. Pour établir une chronologie, force est de se fonder sur les éléments probants dont on dispose, les écrits : et avec la meilleure volonté du monde, on ne peut donner que 1963, dans le meilleur des cas, pour date d'arrivée de l'hermétiste dans le Razès. En effet en janvier 64, Pierre Plantard dépose un document (daté de 56 !) qui s'appelle "Généalogie des rois mérovingiens..." et qui fait clairement référence aux "parchemins de l'abbé Saunière, curé de Rennes le Château", s'ils sont déposés en janvier, on peut en déduire qu'ils ont été composés dans l'année qui précède, d'autant qu'un élément du document prouve que du travail a déjà été réalisé sur le dossier...
Gérard de Sède a toujours déclaré qu'il avait eu connaissance de cette affaire parce que sa famille est occitane et qu'il avait donc entendu parler de ce mystère de curé qui a trouvé un trésor, il ajoute parfois, que son ami Pierre Pons, également de la région, lui a rappelé cette anecdote.
Pierre Plantard a lui déclaré que sa famille est depuis toujours liée à Rennes le Château, puisqu'elle descend des rois wisigoths qui étaient installés à Réda.
On comprend bien que ces postures de datation n'ont qu'un but, prouver leur présence très tôt sur le territoire pour obtenir l'exclusivité des droits... au moins une répartition, plus favorable pour Gérard de Sède.
J'ai toujours pensé que c'était Robert Charroux qui avait été à l'origine de l'information. Qu'il soit le premier à avoir parlé de l'abbé Saunière dans un livre ne peut être contesté, il dispose d'un réseau d'informateurs exceptionnels, grâce aux messages qu'il envoie à la radio (France Inter) ou par l'intermédiaire des journaux où il écrit (Ici Paris, Noir et Blanc...)
Le premier livre qui parle de l'affaire de Rennes, "Trésors du monde" (Fayard), sort en avril 1962, exactement comme celui de Gérard de Sède "Les Templiers sont parmi nous" (Julliard). En novembre de la même année sort la revue de référence du genre (réalisme fantastique) Planète, qui consacre une critique aux deux ouvrages... qui se trouvent sur la même page !
Quand on connait l'importance de Planète à cette époque dans le milieu des auteurs, mais aussi de l'édition, des lecteurs de ce type d'ouvrage on ne peut imaginer que chacun des trois auteurs, Robert Charroux, Gérard de Sède et Pierre Plantard, concernés par cette sortie du mois d'avril 62, ne se soient jetés sur la critique de Planète pour découvrir, d'une part ce que le célèbre bimestriel avait dit de leur livre, mais aussi découvrir "l'autre livre" !
Ainsi Gérard de Sède et Pierre Plantard ont pu découvrir, en même temps, en novembre 1962 l'affaire du curé Saunière dans l'ouvrage de Robert Charroux !