crétin premier a écrit : ↑12 nov. 2023, 13:13
... vous l'avez compris, j'étais un de ces cancres rétifs à l'effort qui ne retrouvait quelques velléités d'apprentissage qu'avec les maîtres qui savaient éveiller ma curiosité...
Je suis donc disposé à "causer seltique" pour peu qu'on m'explique le rapport entre les montages gisoriens et castelrennais de PPSC et les enseignements des R+C du 17 ème, bien que ceux-ci me semblent bien tarabiscotés pour une notion aussi évidente...

Explications claires (en adéquation avec mon petit niveau) bienvenues...
Par avance, merci...
Bonjour à tous,
Salut C1,
Si tu permets, parlons plutot du rapport entre les montages gisoriens et castelrennais
sédiens et les enseignements des R+C du 17 ème, car P. P. a si peu écrit que c'est étrange de le voir mélangé à toutes les sauces.
« Seltique » !

Je ne suis pas l’inventeur de ce jeu de mots à deux balles, mais il y a dans les deux romans une trame alchimique en arrière-plan. Je l’ai souvent évoqué, avec des exemples comme la « messe de l’or » célébrée par l’abbé :
On l'imagine assez bien célébrant là, pour lui seul, une sorte de liturgie secrète de l'or. Devant l’œil-de-bœuf occulté d'un rideau noir qui l'abritait des regards indiscrets, c'est sans doute avec respect, les mains purifiées comme avant de monter à l'autel, qu'il manipulait le métal noble auquel le rituel chrétien réserve le privilège de toucher le pain et le vin consacrés, la chair et le sang du Christ, le métal qu'offre le premier Mage à l'enfant Jésus : Reçois ô Roi, l'or, symbole de la royauté.
Puis, sa besogne terminée, l'or caché, le rideau levé, Bérenger devait effacer toute trace du travail autour de lui et sur ses mains qu'il lavait à nouveau, comme après la messe.
Ce passage est, entre autres, à mettre en rapport avec le détournement opéré sur la notion de « sel » dans le texte de l’abbé Delmas. Le sel étant premier dans l’œuvre alchimique, on comprend toutes les allusions aux francs saliens, la Vierge de la Salette, la Sals… À la page 94 des « Templiers sont parmi nous » cette anecdote est rapportée :
« Selon l’antique coutume, ce furent les transporteurs de sel qui transportèrent le cercueil du roi » (Philippe le Bel)
Je n’ai pas trouvé la moindre trace de cette coutume (si quelqu’un a une info, je suis preneur), je n’ai finalement trouvé que ceci : la relation d’une pratique folklorique sur la presqu’île de Guérande :
« Les Veuzous de la Presqu'île ont une nouvelle fois mis un point d'honneur à participer à l'animation musicale de la sortie de la messe et du défilé dans les rues de Saillé à l'occasion de cette fête traditionnelle de la Saint Clair qui marquait autrefois la fin de la saison du sel. »
Cela dit, et en très gros car le sujet est vaste, l’alchimie avec une dimension philosophique qui sort du cadre de la chysopée est récente, elle a surtout été théorisée par les médecins paracelsiens dont plusieurs, et non des moindres ! se réfèrent au R+C, car les « Manifestes » considéraient Paracelse comme un des leurs. Aussi le tombeau mythique de C. R.C qui est « un résumé de l’univers » est un des supports allégoriques de l’opus alchimique. C’est pourquoi la description du tombeau d’une Noble Dame avec la date flamellienne du 17 janvier associée à la phrase "Et in arcadia ego" a fait dire à l’hermétiste local « le Maître de Savignies » que le tombeau était vide car rose-croix et que le trésor de Rennes était alchimique !
Ce thème du tombeau d’une Noble Dame est encore plus développé dans le Gisors, car ce texte fournit l’information (minimum) sur la théorie alchimique, et laisse entendre que les « Templiers » en question sont des alchimistes rosicruciens.
Voici, voilou
Quant à cet alphabet, je ne sais pas qui a ajouté les E, car cela implique une substitution avec des I qui serait sans doute reliée à Vigenère ou à Trithème ! Le fonctionnement à mon sens n’a aucune importance, pas plus que les décryptages de « manuscrits », il ne s’agit que de connaître les éléments sources pour aller plus loin, ou plus haut ! Ainsi l’alphabet de Probst-Biraben (celui du bijou templier) pointe vers celui d’origine (le Sceau Rompu), qui lui implique une composante alchimique de type rosicrucien.
Bon moi aussi j' suis fermier, et c'est l'heure de traire des poules.
