Menus propos sur la "Langue Seltique"
* dans les romans sédiens :
Peu de lecteurs s'interrogent sur l'accent (grave !) mis sur L'Art de Lire à l'intérieur des textes, une véritable exhortation, avec par exemple deux occurrences en ouverture du chapitre très particulier : Les barbiers de Midas, où la phrase de Foucault s'inscrit à merveille dans le Temple de Salomon.
C'est une vieille pratique, qualifiée de "charitable", à usage des lecteurs d'ouvrages "égyptiens" des XVIe/XVIIe, soit des traités de "philosophie naturelle", dont le dernier avatar est l''opus Fulcanellien :
Extraits :
Parmi les anagrammes destinées à recouvrir le nom de leurs auteurs, nous signalerons celle de Limojon de Saint-didier : Dives sicut ardens, c’est-à-dire Sanctus Didiereus, et la devise du Président d’Espagnet : Spes mea est in agno. D’autres philosophes ont préféré se vêtir de pseudonymes cabalistiques se rapportant plus directement à la science qu’ils professaient. Basile Valentin assemble le grec Βασιλευς, roi, au latin Valens, puissant, afin d’indiquer le pouvoir surprenant de la pierre philosophale.
Sans abandonner complètement ces artifices de linguistique, les vieux maîtres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qu’ils appelaient encore langue des oiseaux, des dieux, gaye science ou gay scavoir. De cette manière, ils purent dérober au vulgaire les principes de leur science, en les enveloppant d’une couverture cabalistique.
(Et le must) :
Mais nous savons, d’autre part, que le nom et la chose sont basés sur la permutation de la forme par la lumière, feu ou esprit ; tel est, du moins, le sens véritable qu’indique la langue des Oiseaux.
(Demeures philosophales)
... Les rares auteurs qui ont parlé de la langue des oiseaux lui attribuent la première place à l’origine des langues. Son antiquité remonterait à Adam, qui l’aurait utilisée pour imposer, selon l’ordre de Dieu, les noms convenables, propres à définir les caractéristiques des êtres et des choses crées.
... C’est elle dont Jésus révèle la connaissance à ses apôtres, en leur envoyant son esprit, l’Esprit-Saint. C’est elle qui enseigne le mystère des choses et dévoile les vérités les plus cachées. Les anciens Incas l’appelaient Langue de cour, parce qu’elle était familière aux diplomates, à qui elle donnait la clef d’une double science : la science sacrée et la science profane. Au moyen âge, on la qualifiait de Gaie science ou Gay sçavoir, Langue des dieux, Dive-Bouteille. [...] La Tradition nous assure que les hommes la parlaient avant l’édification de la tour de Babel (Le tour, la tournure ba employée pour bel ), cause de sa perversion et, pour le plus grand nombre, de l’oubli total de cet idiome sacré.
(Mystère des Cathédrales)
En vert (obligatoirement !) pour les boudétistes.
Mais où l'abbé ne serait pas d'accord, c'est que la dite Langue des Oiseaux - héritée de Grasset d'Orcet (première mouture) - requiert obligatoirement l'usage du grec, de plus elle ne s'applique qu'aux textes alchimiques de la fin du XIXe siècle.
* Langue salée, ou franc-salienne, parce que l'alchimie est la science des sels.
