patrice a écrit : ↑24 juil. 2024, 10:30
Comment as tu fait pour être formé au décodage?
On ne l'apprend pas dans les livres et tu as dû te faire repérer, coopter pour recevoir cette formation. Si ce n'est pas trop indiscret, peux-tu nous raconter au moins partiellement, comment ça se passe dans ces cercles-là?
Je sais que tout cela passe souvent par
des librairies ésotériques, qui avaient leur cercle intérieur. C'est plus diffus aujourd'hui, je pense.
Bonjour à toutes et tous,
Salut Patrice,
Je réponds à ce post aussi ahurissant que désopilant surtout à l'adresse de tes pareils qui doivent hanter ce forum

, mais je ne peux que me répéter !
Les seuls mots du Mutus Liber (c'est dire leur importance !) sont "Ora,
Lege, lege, Relege, labora et Invenies". Tous les classiques insistants sur la nécessité de lectures répétées, j'ai donc médité sur les ouvrages traitant des secrets de la Nature des XVIe/XVIIe siècles dits de "philosophie naturelle", encore appelés "livres égyptiens".
Ces textes présentent en effet la particularité de posséder une dynamique interne basée sur la combinatoire des "éléments" et des "principes" afin, selon la Table d'Emeraude, "d'accomplir le miracle d'une chose unique". C'est pourquoi Nicolas Valois évoque "icelle kabbale traditive", que le "très sage Artephius" énonce : "notre art est cabalistique" et que le Flamel des Figures cite les 22 feuillets de Abraham le Juif....Ce sont évidemment des allusions à la kabbale chrétienne dans l'air du temps et bien propre à illustrer les "transmutations" incessantes de la Nature, rien à voir avec les spéculations fulcanelliennes délirantes !
Ces textes finissent "à la longue"

à servir de tremplin (si je puis dire) pour une "contemplation" de la Nature qui, ayant "horreur du vide ", dans nombre de cas apparaît sous les sens - après coup - sous la forme d'une Dame Blanche.
On compte sur les doigts d'une main les ouvrages de ce genre depuis le début du XVIII e siècle et, chose extraordinaire, au milieu du XXe siècle apparaissent Le Message Retrouvé et les deux textes sédiens. Ces deux derniers (cent fois sur le métier !) donnant le mode d'emploi, les "cours de code", pour appréhender leur vraie valeur et s'initier à l' "alchimie" telle que je l'entends, et pour faire plaisir à grominet

P. J. Fabre :
"Ce n'est que par le nom que l'Alchymie et la Philosophie se distinguent, en réalité elles ne diffèrent en rien, à moins de réserver l'Alchymie aux métaux, ce qui ne se peut"
(Propuganculum Alchymiae, 1645)
Mes maîtres ont plus de 300 ans, et oui j'ai rencontré des "buveurs très illustres" dans les librairies ésotériques de Paris, Lyon et Marseille (quasiment tous Maçons ou assimilés), mais le temps de l'Inquisition étant heureusement loin je n'ai connu aucun "cercle intérieur"
J'ai eu l'honneur de préfacer un ouvrage du regretté Henri Giriat qui était plus dans la mouvance Compagnonnique. Voici ce qu'il écrivait dans les fameux Cahiers de Bourgogne :
« … Lorsqu'un homme découvre en lui la conscience d’Être, ce qu'il ressent à travers sa personne n’a plus rien de commun avec la conscience de soi. Tel est l'unique secret. Le secret est de nature ontologique, car seul il dévoile et revoile la réalité de l’Être.
Si je le dis à qui ne l'a pas vécu d'expérience, le secret reste inintelligible, aussi l’Être ne peut être que secret. Aussi le secret n'a point à être caché. Il se protège de lui-même, de par sa propre nature.
[...]
L'objectif de toute initiation n'est autre que d'éveiller ce cœur par lequel je suis - un “je” dénué de tout sentiment d'égoïté et donc totalement humble et sûr - par lequel je perçois l’Être, par lequel j'ai l'intellection de l’Être.
La conscience d’Être porte en elle sa propre suffisance. Elle est, de soi, amour et connaissance. Elle détermine le plus impérieux des amours et la plus généreuse des lumières, ce feu du “Je Suis Celui Qui Suis”, révélé par le Buisson Ardent.
Telle est la racine métaphysique de toute philosophie, de toute religion et de tout art. Philosophie ici comprise comme sagesse d'amour, à la source de toute intellection. Religion ici comprise en esprit et en vérité, comme parole portant pouvoir de transsubstantiation. Art ici compris comme mise en ordre, comme règle de travail, commandant le geste de formation…. »
J'évite de conclure, j'ai un karma chargé !
