(Suite de mon étude sur les mesures en cm fournies par Boudet dans La Vraie Langue Celtique).
Boudet fournit trois mesures en cm dans son livre, dont j’ai déjà examiné une dans un post précédent : il s’agit du regroupement de 5 croix grecques au lieudit Cap dé l’Hommé, où il est question de « VINGT JUSQU’A TRENTE ET TRENTE-CINQ CENTIMETRES ».
C’est dans ce passage que Boudet nous permet d’identifier la croix grecque isolée qui correspond à l’emplacement de la fameuse tête sculptée, au sujet de laquelle il ajoute :
« Il est déplorable qu’on ait été obligé, au mois de décembre 1884, d'enlever cette belle sculpture de la place qu'elle occupait, pour la soustraire aux ravages produits par le pic d’un malheureux jeune homme... Cette tête sculptée du Sauveur est ENTRE LES MAINS de M. CAILHOL, à Alet ».
Un peu plus loin, une deuxième mesure en cm est donnée, au sujet d’un « fragment de meule à bras... retiré du sol le 26 novembre 1884, par des ouvriers travaillant, au-dessous de la Borde-neuve... Cette partie de meule mesure QUINZE OU SEIZE CENTIMETRES DE RAYON… », et « est EN LA POSSESSION de M. Constantin CAILHOL, à Alet ».
Enfin, Boudet parle d’une troisième mesure en cm à la page 257 :
« Nous avons EN NOTRE POSSESSION un silex de QUATORZE CENTIMETRES DE LONGUEUR SUR TROIS CENTIMETRES DE LARGEUR... »
On constate plusieurs éléments en commun entre ces trois passages :
- La tête est « enlevée », « soustraite », tandis que le fragment de meule est « retiré » ; ces trois verbes sont synonymes
- Les deux premiers événements ont lieu à des dates rapprochées : novembre et décembre 1884
- Dans les trois cas, il y a un « gagnant » : soit Cailhol, qui prend possession et de la tête sculptée et du fragment de meule ; soit Boudet, propriétaire du silex
Dans le seul autre passage du livre où Boudet parle de Cailhol, il le qualifie d’« explorateur ». Ce terme n’est employé qu’une seule autre fois, au sujet du chef de guerre Josué, à qui Dieu donne une MISSION, celle de « conquérir la terre de Chanaan et la PARTAGER au sort entre les tribus ».
La mission de Boudet et/ou Cailhol, était-elle aussi de partager quelque chose suite à une conquête, comme celle de « la croix, victorieuse du paganisme », évoquée au tout dernier paragraphe du livre ?
La réponse est « oui », car la partie de meule possédée par Cailhol est décrite comme étant « malheureusement PARTAGEE par l’instrument de l’ouvrier qui l’a mise à jour ».
L’intention de Boudet est donc de créer un parallèle entre le partage dont lui et Cailhol sont bénéficiaires, et celui effectué par Josué. Le problème est que ce dernier partage concerne une terre entière, et non une banale meule brisée en deux !
Et si cette meule était une métaphore pour le cromleck ? Après tout :
« Le cercle de pierres, ordinairement de forme ronde, représente le pain : Cromleck, en effet dérive de Krum (Kreum), mie de pain et de to like (laïke), aimer, goûter ».
Evidemment, dans la fabrication du pain, il faut d’abord « moudre le blé », comme dirait Boudet…
Le simple fait que Boudet emploie le mot « rayon », en parlant du fragment de meule, suggère que « quinze ou seize centimètres » séparent le centre de la meule (du cercle) de sa circonférence, et que le diamètre d’un tel cercle serait de (2 x15) ou (2 x 16) cm, c’est-à-dire TRENTE ou trente-deux cm. Or, sur mon schéma indiquant des « points centimétriques » le long de la Sals, on constate deux choses :
- le point centimétrique 30 correspond bien à un point du pourtour du cromleck, car Boudet dit que « l'ENTREE du Cromleck se trouve au confluent du Rialsés avec la Sals »
- le point qui correspond à « quinze ou seize centimètres » est la jonction Sals-Breychos :
On conclut que la jonction Sals-Breychos se trouve au centre de la « meule », c’est-à-dire à peu près à mi-chemin entre deux points figurant sur sa « circonférence » :
- le point zéro, au levant
- le confluent Sals-Rialsés (entrée du cromleck), 30 cm plus loin, en suivant la Sals
Pour revenir à l’hypothèse d’un partage impliquant Boudet et Cailhol, j’ai déjà démontré que la ligne des 27,8°, qui passe par la jonction Sals-Breychos, est en effet une ligne de PARTAGE, car Boudet nous dit que deux localités se trouvant sur cette ligne (Axat et Roquefort) marquent des points de division (partage), plus précisément « entre les deux tribus des Sordes et des Atacini ».
Voici le résultat de toutes ces observations sur la carte de Boudet :
Plus que jamais, la jonction Sals-Breychos se trouve au cœur de notre énigme. Et la croix de MISSION, érigée tout près sous les yeux de Boudet, témoigne de la victoire de la croix sur le paganisme évoquée tout à la fin de son livre.
Reste à comprendre comment la troisième mesure en cm, celle du silex, entre dans cette logique.