Bonjour à tous
« Souffrez » ces quelques réflexions sur les posts du matin

:
D’abord sur l’alchimie un rappel après lecture du lien de Grominet, celle-ci a été reçue avec l’ENSEMBLE des connaissances arabes et par ce fait prise très au sérieux... avec de sérieux contresens, par exemple : la fameuse Table d'Emeraude est à l'origine un texte de magie talismanique (le fameux Thélesme !). Jusqu’à Lavoisier il est difficile d’identifier un traité de médecine, de proto-chimie ou d’ « alchimie » par son titre, une analyse rigoureuse de son contenu s'impose, les termes de Chymie, d’alchymie, de spagyrie, d’iatrochimie... étant interchangeables selon les temps et les lieux.
Quant aux
véritables traités d’alchimie, c’est-à-dire ceux impliquant
la connaissance du « feu secret » de la Nature, ils n’apparaissent en Europe qu’à la Renaissance, après l’intégration dans les consciences du néo-platonisme et du corpus hermétique, on peut les réduire à deux types d'ouvrages, sachant qu’il y a presque autant de doctrines que d’alchimistes ! :
1 ) L’alchimie ou « astronomie inférieure » ne s’applique qu’aux minéraux et métaux (les étoiles de la terre) ou aux végétaux (spagirie)
La pratique consiste à « ouvrir » un métal, par les sels, afin d'obtenir son « âme-esprit » (mercure spécifié), appelé sa « teinture » (Baphé)

et « sublimer » celle-ci pour en faire une "médecine"... pour les métaux ! ce qu'on appelle un "particulier".
2) L’alchymie supérieure ou « philosophie naturelle » qui considère que la « médecine » doit avoir "pouvoir" sur le règne animal (pour concerner l’humain). Les trois règnes de la Nature étant absolument cloisonnés il convient donc d’attirer par « l’Aymant des Sages » l’esprit universel (mercure non spécifié) AVANT qu’il ne baise « les bourgeons du printemps » en descendant des hauteurs « empyrées », puis le cuire par le « feu secret » dans tout réceptacle appelé dès lors : « athanor ». Ce « feu secret » étant évertué, animé, par une douce « digestion » ne dépassant pas la température du fumier de cheval ! Foin donc des creusets et des températures infernales.

Mais ce sont là fariboles d'antan qu'aucun forum sérieux ne saurait admettre.
Dès la fin du XVe siècle il était loisible d’illustrer des passages de l’Évangile à la lumière de la terminologie alchimique pour « affiner » leur compréhension, l’inverse étant condamné !
La religion catholique étant d’origine citadine a laissé aux alchimistes la liberté de chercher des remèdes dans la Nature. L’alchimie supérieure (en majorité celle des médecins paracelsiens) a pu diffuser sa doctrine en terre catholique avec l’imagerie de la Vierge, de la passion christique vue comme celle du métal, le Christ lui-même étant Pierre Philosophale. Les alchimistes protestants quant à eux ayant dû recourir aux symboles mythologiques : Les Fables Grecques et Egyptiennes.
Pour les raisons évoquées par le lien de Grominet et ci-dessus, l’alchimie est totalement absente des églises et des cathédrales, de plus les clercs veillaient au « bon grain » dans le choix des symboles, ce n’est que depuis le XVIIe siècle - dans le texte d’un « gentilhomme chartrain » - que les alchimistes commencent à utiliser des symboles religieux, comme les "portaux de Notre-Dame", pour illustrer leurs ouvrages, les Fulcanelli termineront le processus avec leur langue des zoziaux à deux neuros !
C’est donc l’ignorance, tant de la liturgie catholique que de(s) alchimie(s), qui est cause d’une croyance à la présence d' " allusions" alchimiques ou Maçonniques dans les édifices religieux de nos climats. Il n'y a que des interprétations alchimiques ou maçonniques de symboles religieux, le plus souvent inutiles.
C1
J’admire ta persévérance, ta sagacité et ton humour, et malgré une pratique certaine des « traitez stéganographiques » je n’ai malheureusement pas les moyens de valider, ou d’invalider, tes recherches. Si je peux me permettre un conseil : attention a ne pas « alchimiser » la VLC au risque de tomber dans le travers des amateurs de mystères dans les églises et les cathédrales