Bonjour,
Je vous livre la suite de la saga De Fleury.
Il est à noter que du temps de Paul-Urbain de Fleury, le village des Bains de Rennes est relativement restreint et a gardé les contours de la période romaine avec un centre cultuel défini autour de l'actuelle place des 2 Rennes englobant l'église et l'ancien café Cadenat. La rive gauche est, quant à elle, peu habitée, l'essentiel de la population du village intra-muros se trouve le long de la Sals jouxtant les Bains Forts. Une grande partie de la grande rue est dépourvue de logements jusqu'à la source de la Reine (soit l'entrée du village d'aujourd'hui). La démographie est simple : 500 âmes pour l'ensemble des Bains, la moitié dans le village en propre, 125 à Montferrand et le reste occupe les différents hameaux.

Village de Rennes-les-Bains, cadastre de 1832
En 1836, Paul-Urbain meurt. Sa jeune veuve (34 ans), Henriette de Giron des Ondes, doit élever leurs 5 enfants mineurs : Henri-16 ans, Alexandrine-14 ans, Félix-12 ans, Juliette-7 ans et Zoé-4 ans. A cela s'ajoute la gestion des thermes et du patrimoine familial. A la suite du décès de son mari, Henriette décide de résider de façon permanente à Toulouse, délaissant ainsi les Bains de Rennes. Il faudra attendre les années 1850 pour retrouver les Fleury sur leurs terres sous l'initiative de l'aîné de la fratrie Henri, alors âgé de 32 ans. Il reprend les commandes des thermes et n'aura de cesse de faire fructifier les biens laissés par son père en investissant temps et argent.

Coll. de la Bibliothèque intercommunale de conservation de Carcassonne Agglo (Fonds Jordi)
En 25 ans, il modernise les bains (notamment, baignoires en marbre rouge de Caunes-Minervois), édifie l'Hôtel de la Reine avec ses 47 chambres, la maison Fleury et le café, met en place la passerelle rejoignant les bains forts, dessine différents lieux de promenades pour les curistes (au dessus des bains doux, à la source du cercle, à la source de la madeleine), réanime le musée archéologique Fleury ouvert par son père (il sera primé à plusieurs reprises par des sociétés savantes de Toulouse pour des artefacts provenant de Rennes-les-Bains), remet une famille de métayer sur Faviès inoccupée depuis 1820, combat l'épidémie de choléra de 1854-56, intervient physiquement pour éteindre un incendie au hameau du cercle. Omniprésent et investi sur le territoire de Rennes, il voit ses 2 sœurs (Alexandrine et Juliette) se marier à Toulouse et son frère, Elie, capitaine du navire « Les trois frères », mourir de fièvre jaune en 1856 à La Martinique. Marié en 1857 à Anne de Castillon de Saint Victor qui lui donnera 4 filles, il poursuit ses projets en acquérant quantité de terres sur la commune et celles voisines : au Roc d'en Clots, à Trinque-Bouteilles, aux Escatados, à la Coumo des bains, au camp de las Cordes, au Serbayrou, au Cercle, à Coustaussa et, enfin,
au Soula où il achète pas moins de 52 hectares.

Et je n'oublie pas qu'en deux décennies, le moderne Henri de Fleury a côtoyé l'homme aux 3 calvaires, le maire Pierre Delmas ainsi que les curés Vié et Boudet.